En réalité augmentée, le canal de diffusion se choisit avant la technologie
Une expérience de réalité augmentée ne vaut que par la facilité avec laquelle le public y accède. Trois voies existent et elles n’entraînent ni les mêmes coûts ni les mêmes contraintes. Une expérience lancée depuis le navigateur, à partir d’un code affiché sur place ou d’un lien, supprime l’étape de téléchargement et convient aux publics de passage. Une application dédiée offre plus de puissance et de finesse de rendu, mais elle suppose que l’utilisateur accepte de l’installer, ce qui écarte une grande part des visiteurs occasionnels. Les effets publiés sur les plateformes sociales profitent d’une audience déjà présente, au prix d’une dépendance totale aux règles de la plateforme et à ses validations.
Demandez à chaque candidat de justifier le canal qu’il propose par le comportement attendu du public, pas par son habitude d’outil. Un prestataire qui recommande une application pour une opération de quelques semaines en point de vente n’a pas raisonné sur le taux d’accès, et une équipe qui annonce la même réponse technique quel que soit le contexte vend un catalogue, pas une réflexion.
Les modes de suivi n’ont pas le même prix ni la même fiabilité
Ce qui décide du budget, c’est la manière dont le contenu virtuel s’accroche au réel. Le suivi d’image, déclenché par un visuel imprimé ou un emballage, reste le plus stable et le moins coûteux. La détection de surfaces, qui pose un objet sur une table ou un sol, dépend de la lumière et de la texture de l’environnement. Le suivi du visage et du corps ouvre l’essayage virtuel mais introduit un traitement de données sensible. L’ancrage géolocalisé, qui fixe un contenu à un endroit précis, exige une précision que le seul positionnement satellite n’apporte pas en milieu urbain dense, entre immeubles hauts et rues étroites.
Faites tester le mode retenu sur le lieu réel avant de signer le développement complet. Une démonstration dans un bureau bien éclairé ne prouve rien sur une vitrine en plein soleil, dans une galerie sombre ou au milieu d’une foule. Ce test conditionne aussi le repli: que se passe t il quand le suivi décroche, et l’expérience reste t elle compréhensible sans lui.
Les usages de la réalité augmentée qui tiennent réellement à Paris
Quelques contextes reviennent et ils dictent des exigences très concrètes. Le commerce en boutique s’en sert pour montrer des variantes, des tailles ou des configurations que le magasin ne peut pas stocker. Les institutions culturelles l’utilisent pour restituer un état disparu ou pour superposer une explication à un objet exposé, avec des cahiers des charges qui incluent presque toujours l’accessibilité et plusieurs langues, l’affluence internationale rendant la version unilingue insuffisante. Les salons professionnels y recourent pour présenter des équipements impossibles à transporter sur un stand. L’immobilier et l’aménagement s’en servent pour poser un projet sur un site existant.
Deux contraintes locales méritent d’être posées dès le brief. La couverture réseau à l’intérieur des bâtiments anciens, des sous sols et des halls d’exposition est irrégulière, donc une expérience qui télécharge ses contenus au moment du lancement échouera au pire moment; prévoyez un mode préchargé ou hors ligne. Et l’espace disponible autour du visiteur est souvent réduit, ce qui interdit les dispositifs qui supposent de reculer de plusieurs pas pour cadrer une scène.
Les modèles tridimensionnels sont l’actif durable, pas l’application
Ce que vous garderez dans cinq ans, ce ne sont ni le code ni l’habillage, mais les objets tridimensionnels fabriqués pour l’occasion: maillages, textures, matériaux, animations, versions optimisées pour appareil mobile. Ils resserviront pour une fiche produit interactive, une image de synthèse, une notice ou un configurateur. Exigez donc leur livraison dans un format ouvert et documenté, avec la source de modélisation et non seulement le fichier compressé destiné à l’affichage.
- la propriété des modèles et des textures est écrite, y compris pour les éléments achetés en bibliothèque
- les niveaux de détail livrés sont précisés, un modèle industriel brut étant inutilisable tel quel
- les conventions de nommage et l’unité de mesure sont fixées avant la modélisation
- la licence des polices et des musiques employées dans l’expérience est identifiée
Un dispositif de réalité augmentée ne vit que si quelqu’un l’entretient
Contrairement à un film ou à une affiche, une expérience de réalité augmentée se dégrade toute seule une fois livrée. Les systèmes d’exploitation mobiles évoluent, les navigateurs modifient leurs autorisations d’accès à la caméra, les plateformes sociales changent leurs règles de publication, et une expérience parfaitement fonctionnelle cesse de l’être sans que personne n’ait touché au code. Le budget doit donc comporter deux lignes distinctes: la fabrication et la conservation en état de marche.
Posez les questions correspondantes avant de signer. Qui héberge les contenus et sur quel compte, le vôtre ou celui du prestataire. Combien de temps l’expérience doit rester accessible. Qui intervient quand une mise à jour casse le suivi, dans quel délai, et à quel titre. Que devient le lien public si vous changez de prestataire. Une opération éphémère peut assumer une fin de vie programmée, à condition qu’elle soit décidée plutôt que subie.
Forfait de conception, puis abonnement de fonctionnement
En réalité augmentée, la structure de prix la plus lisible sépare nettement trois choses: une phase de cadrage et de prototype, payée pour elle même et livrable même si vous arrêtez ensuite; un forfait de production au périmètre écrit; puis un abonnement couvrant l’hébergement, la surveillance et les correctifs. Méfiez vous des propositions qui fondent tout dans un prix unique, car elles reportent le coût réel sur la deuxième année. La régie au temps passé garde son intérêt en phase exploratoire, quand personne ne sait encore ce que l’expérience doit faire, mais elle doit s’arrêter dès que le périmètre se stabilise.
Comparer des propositions sur la même base
Transmettez à tous les candidats le même document: objectif, public visé, lieu et durée d’exploitation, langues, mode d’accès souhaité, appareils à couvrir, contenus disponibles ou à créer, indicateurs retenus, et durée pendant laquelle le dispositif doit rester en ligne. Demandez ensuite une démonstration sur un cas proche du vôtre, pas une compilation de références.
Si le projet touche des domaines voisins, examinez les séparément: les agences de réalité virtuelle quand l’expérience doit être immersive et non superposée au réel, les agences d’applications mobiles si le dispositif doit vivre dans une application existante, et les agences événementielles lorsque l’installation accompagne une opération accueillant du public. Les références et les avis clients des agences de réalité augmentée référencées sur Edvido aident à bâtir une liste courte, puis vous pouvez envoyer un brief unique à plusieurs prestataires et comparer des réponses construites sur le même périmètre.